Cusco, ancienne capitale de l’empire inca et porte d’entrée du Machu Picchu, se trouve à 3 399 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette altitude, associée à son importance touristique, fait du mal des montagnes – également connu sous le nom de soroche au Pérou – l’un des principaux défis pour les visiteurs. Il touche des personnes de tous âges et de toutes conditions physiques, quelle que soit leur origine, et peut compromettre la qualité de l’expérience si elle n’est pas gérée correctement. Cet article propose un guide clair, professionnel et fondé sur des preuves pour prévenir et surmonter le mal d’altitude lors d’une visite à Cusco.

Contents
- 1 Qu’est-ce que le mal des montagnes et pourquoi survient-il ?
- 2 Facteurs influençant la susceptibilité
- 3 Stratégies efficaces pour prévenir et surmonter le mal des montagnes
- 4 Traditions locales et remèdes naturels
- 5 Traitement médical et quand demander de l’aide
- 6 Recommandations pour les groupes spéciaux
- 7 Conclusion
Qu’est-ce que le mal des montagnes et pourquoi survient-il ?
Le mal d’altitude est une réaction physiologique que le corps humain peut ressentir lorsqu’il monte rapidement à haute altitude, où la pression atmosphérique et la disponibilité de l’oxygène sont plus faibles. À Cusco, la quantité d’oxygène dans l’air est inférieure d’environ 30 % à celle du niveau de la mer, ce qui oblige le corps à s’adapter. Cette adaptation n’est pas immédiate et, au cours du processus, des symptômes tels que maux de tête, fatigue, nausées, vertiges, insomnie et essoufflement peuvent apparaître, en particulier lors d’une activité physique.
Ces symptômes apparaissent généralement dans les 6 à 24 heures suivant l’arrivée en ville et, dans la plupart des cas, sont légers et temporaires. Cependant, s’ils ne sont pas traités, ils peuvent évoluer vers des formes plus graves, telles que l’œdème pulmonaire ou cérébral d’altitude, qui nécessitent une attention médicale urgente. Il est donc essentiel de prendre le mal des montagnes au sérieux, sans en minimiser les effets ni s’alarmer inutilement.

Facteurs influençant la susceptibilité
Il n’existe pas de formule universelle pour prédire qui souffrira du mal des montagnes. Les personnes physiquement actives peuvent être affectées, tandis que d’autres, moins en forme, peuvent s’adapter sans problème. Cependant, certains facteurs augmentent le risque : une ascension rapide depuis des zones de basse altitude comme Lima (150 m) ou la côte, la déshydratation, la consommation d’alcool ou de sédatifs avant ou pendant l’acclimatation, et des antécédents de mal d’altitude. En outre, le fait de dormir la première nuit à Cusco après un vol direct augmente la probabilité d’apparition des symptômes, car le corps a besoin d’un temps d’adaptation.

Stratégies efficaces pour prévenir et surmonter le mal des montagnes
La clé du traitement du mal d’altitude n’est pas de l’éviter à tout prix – car il s’agit d’une réaction naturelle de l’organisme – mais de faciliter une acclimatation progressive qui respecte les limites de l’organisme. La première mesure recommandée est de planifier une arrivée progressive. Si possible, il est suggéré de passer un ou deux jours dans une ville d’altitude intermédiaire, comme Puno (3 827 m) ou même de commencer le voyage à Arequipa (2 335 m), avant de se rendre à Cusco. Cette transition permet à l’organisme d’entamer le processus d’adaptation plus en douceur.
Une fois arrivé à Cusco, il est essentiel de se reposer pendant les 24 à 48 premières heures. Éviter les activités physiques intenses, comme les longues marches ou la montée rapide des escaliers, réduit la charge sur les systèmes respiratoire et cardiovasculaire. De nombreux voyageurs commettent l’erreur de vouloir visiter la Plaza de Armas, le Qoricancha et le marché central le premier jour, ce qui a tendance à aggraver les symptômes. Il est préférable de marcher lentement, de faire des pauses fréquentes et d’écouter les signaux de votre corps.
L’hydratation joue également un rôle crucial. L’air de Cusco est sec et froid, ce qui augmente la perte de liquide sans que la personne s’en aperçoive. Boire deux à trois litres d’eau par jour permet de maintenir une circulation sanguine adéquate et de faciliter l’oxygénation. Il est recommandé d’éviter l’alcool, les produits laitiers et les repas lourds pendant les premiers jours, car ils peuvent gêner la digestion et aggraver les nausées.
Traditions locales et remèdes naturels
À Cusco, il existe une longue tradition d’utilisation des plantes médicinales pour soulager le soroche. La feuille de coca est la plus connue et la plus utilisée. Mâcher des feuilles de coca ou boire du thé de coca est une pratique courante parmi la population locale et est autorisée par les autorités péruviennes. Des études ethnobotaniques indiquent que la coca contient des alcaloïdes qui contribuent à dilater les vaisseaux sanguins et à améliorer l’oxygénation, bien que son effet soit modéré et ne remplace pas d’autres mesures préventives. Elle est disponible sur les marchés, dans les pharmacies et dans les hôtels de la ville.
Un autre remède traditionnel est le mate de coca, souvent servi dans les lodges et les restaurants. La muña, une herbe andine aux propriétés digestives et décongestionnantes, est également utilisée et consommée en infusion. Bien que ces remèdes n’aient pas d’effets miraculeux, ils font partie d’une culture d’adaptation qui allie les connaissances ancestrales aux pratiques quotidiennes.
Traitement médical et quand demander de l’aide
En cas de maux de tête sévères ou de nausées persistantes, des médicaments en vente libre tels que l’acétaminophène ou l’ibuprofène peuvent être utilisés. Il existe également un médicament spécifique, l’acétazolamide (connu sous le nom de Diamox), qui accélère l’acclimatation en acidifiant le sang et en stimulant la respiration. Il doit être pris sous contrôle médical, généralement un jour avant l’ascension et pendant les premiers jours en altitude. Il n’est pas indiqué pour les personnes souffrant d’allergie aux sulfamides ou de problèmes rénaux.
Si les symptômes s’aggravent – essoufflement extrême, confusion mentale, toux mousseuse ou perte de coordination -, consultez immédiatement un médecin, car il pourrait s’agir d’une forme grave du mal des montagnes. À Cusco, il existe des cliniques spécialisées dans la médecine de montagne, telles que la clinique adventiste de Cusco ou le centre de santé du ministère de la santé, qui disposent d’oxygène supplémentaire et d’un personnel qualifié.
Recommandations pour les groupes spéciaux
Les personnes souffrant de maladies cardiaques, respiratoires ou d’anémie doivent consulter leur médecin avant de se rendre à Cusco. Bien que de nombreuses personnes puissent visiter la ville sans problème, elles doivent faire l’objet d’une évaluation préalable. Les femmes enceintes doivent également prendre des précautions, en particulier au cours du premier trimestre, et dans certains cas, il est conseillé d’éviter l’altitude. Les enfants, en revanche, s’adaptent bien, mais il est important de les surveiller attentivement, car ils n’expriment pas toujours clairement leur malaise.
Conclusion
Surmonter le mal des montagnes à Cusco n’est pas une question d’endurance, mais de respect du processus naturel d’acclimatation. Avec une bonne planification, du repos, de l’hydratation et une attention particulière aux signaux du corps, la plupart des visiteurs parviennent à s’adapter en douceur. La combinaison des connaissances médicales et des pratiques locales, comme la consommation de thé de coca, peut faciliter cette transition. Le plus important est de voyager en connaissance de cause : Cusco n’est pas une ville à conquérir, mais à vivre avec patience et admiration.
En se préparant de manière adéquate, le voyageur protège non seulement sa santé, mais il s’assure également de pouvoir profiter pleinement des trésors culturels, historiques et naturels que cette région unique du monde a à offrir.









