Que signifie le nom Huchuy Qosqo, et pourquoi ce n’est pas son nom d’origine
Les ruines incas de Huchuy Qosqo portent un nom qui n’est pas celui qu’elles portaient à l’époque inca. « Huchuy Qosqo » signifie littéralement « Petit Cusco » en quechua (huchuy : petit, qosqo : Cusco). C’est un nom moderne, attribué au XXe siècle par analogie avec la capitale impériale, en raison de la présence de constructions royales sur le site.
À l’époque inca, le lieu était connu sous le nom de Caquia Xaquixaguana, parfois transcrit Kakya Qawani. Ce nom d’origine a pratiquement disparu des usages : les chroniqueurs espagnols l’ont consigné, mais dans le langage courant des guides et des visiteurs, seul « Huchuy Qosqo » a survécu. Vous ne l’entendrez quasiment jamais appelé autrement sur le terrain, y compris par nos propres guides.
Contexte historique : Wiracocha Inca et la construction du site
Ce que l’on sait avec un raisonnable degré de certitude vient principalement du chroniqueur Pedro de Cieza de León, qui situe la construction de ce domaine royal vers 1420, sous l’Inca Wiracocha, huitième souverain de la dynastie. Les vestiges archéologiques attestent d’une occupation antérieure, entre 1000 et 1400, mais c’est bien sous Wiracocha que le site prend sa forme de résidence impériale.
Dans le système inca, les terres et le travail se contrôlaient directement plutôt que par l’impôt : un souverain qui voulait asseoir son pouvoir et celui de ses descendants se constituait un domaine personnel. Huchuy Qosqo répond à cette logique de propriété royale, à la fois résidence, exploitation agricole et lieu de culte.
La tradition orale recueillie par les chroniqueurs associe aussi le site à la menace chanka, un peuple rival qui aurait menacé Cusco durant cette période : Huchuy Qosqo aurait alors servi de refuge stratégique en hauteur. Ce point relève davantage de l’hypothèse que du fait établi ; les sources s’accordent sur la fonction résidentielle du lieu, moins sur son rôle militaire exact. Si vous voulez situer cet épisode dans l’ensemble du récit inca, notre article sur l’histoire de l’Empire inca, de ses origines à sa conquête reprend le contexte plus large de cette période d’expansion.
Ce qu’il reste aujourd’hui, élément par élément
Ce que vous voyez en arrivant sur place n’a rien d’une reconstitution : ce sont des structures qui ont traversé six siècles avec un entretien minimal. Voici les éléments principaux que nos guides montrent systématiquement pendant la visite.
- La kallanka : un grand bâtiment rectangulaire à toit unique, typique de l’architecture administrative et cérémonielle inca, encore largement debout.
- Les murs mixtes : contrairement aux constructions en pierre pure de Cusco, une partie des murs de Huchuy Qosqo est en adobe, posée sur une base de pierre taillée. C’est une caractéristique qui distingue nettement ce site des ruines plus connues de la région.
- Les andenes : les terrasses agricoles qui redescendent en gradins vers la vallée, encore utilisées comme repère visuel pour situer l’ensemble du complexe depuis le fond de la vallée.
- Le canal : un système hydraulique qui alimentait autrefois le site en eau, dont le tracé reste visible sur plusieurs dizaines de mètres.
L’ensemble n’est pas immense comparé à Pisac ou au Machu Picchu, ce qui permet de le parcourir en une heure à une heure et demie sans se presser, en s’arrêtant à chaque structure.
Où se trouve exactement Huchuy Qosqo
Le site se situe au-dessus de la localité de Lamay, dans la Vallée sacrée, à 3 650 mètres d’altitude, alors que Lamay elle-même est à environ 2 920 mètres. Autrement dit, on grimpe environ 700 mètres de dénivelé depuis le fond de la vallée pour l’atteindre, ce qui explique en partie le peu d’affluence.
Depuis le site, la vue porte sur l’ensemble de la Vallée sacrée et sur les sommets enneigés qui l’encadrent, un point de vue que n’offrent pas les ruines situées en fond de vallée. Pour resituer Huchuy Qosqo parmi les autres incontournables de la zone, nous avons détaillé les lieux à ne pas manquer dans la Vallée sacrée dans un article à part.
Comment on accède à Huchuy Qosqo
Il existe deux façons d’y arriver, et elles ne se ressemblent pas du tout.
La première part de Tambomachay, aux portes de Cusco, et suit un itinéraire de randonnée de plusieurs jours à travers des cols autour de 4 000 à 4 400 mètres, avant de redescendre sur Huchuy Qosqo puis sur Lamay. C’est un vrai trek d’altitude, avec nuit en campement, et c’est celui que nous détaillons pas à pas dans notre article sur la randonnée de deux jours vers Huchuy Qosqo depuis la Vallée sacrée.
La seconde part directement de Lamay et consiste à monter et redescendre dans la même journée, sans camper. C’est l’option pour qui veut voir le site sans bloquer plusieurs jours de son séjour, au prix d’une montée soutenue sur quelques heures.
Nous proposons les deux formats en trek encadré, résumés ici :
| Option | Durée | Départ | Nuits | Convient à |
|---|---|---|---|---|
| Trek Huchuy Qosqo, 2 jours et 1 nuit | 2 jours | Tambomachay | 1 nuit en campement | Qui a un temps limité mais veut l’expérience du trek |
| Trek Huchuy Qosqo, 3 jours et 2 nuits | 3 jours | Tambomachay | 2 nuits en campement | Qui veut un rythme plus tranquille et davantage de panoramas |
Consultez la fiche du circuit correspondant pour le tarif et les dates en vigueur, ces éléments pouvant évoluer d’une saison à l’autre. Si vous hésitez entre les deux formats, nous avons comparé en détail les différences entre le trek de 2 jours et celui de 3 jours vers Huchuy Qosqo. Et si vous vous demandez comment Huchuy Qosqo se compare à une autre option de randonnée courte réputée, notre comparatif Huchuy Qosqo face au chemin inca court répond à cette question précise.
Pourquoi le site reste presque désert
La raison tient à deux détails administratifs plus qu’à un manque d’intérêt du lieu lui-même. D’abord, Huchuy Qosqo n’entre pas dans le circuit classique du Boleto Turístico de Cusco, celui qui couvre Pisac, Ollantaytambo ou Sacsayhuamán : notre guide complet du Boleto Turístico de Cusco détaille précisément ce qui est inclus, et Huchuy Qosqo n’y figure pas.
Ensuite, le site n’est pas desservi par les lignes de bus qui parcourent la Vallée sacrée entre Pisac, Urubamba et Ollantaytambo. On ne tombe pas sur Huchuy Qosqo en s’arrêtant en chemin : il faut soit marcher depuis Tambomachay, soit organiser une montée depuis Lamay. Ce filtre naturel explique qu’on y croise, la plupart du temps, plus de vigognes que de touristes.
Pour qui cherche justement à éviter la foule sur d’autres sites de la région, cette logique rejoint celle que nous développons dans notre article sur les itinéraires alternatifs autour du Machu Picchu, qui recense d’autres options moins fréquentées.
Ce qui se combine bien avec la visite
Huchuy Qosqo se prête naturellement à une combinaison avec le reste de la Vallée sacrée. Beaucoup de voyageurs enchaînent la descente sur Lamay avec une visite des ruines de Pisac, à moins d’une heure de route, dont le style architectural et le marché offrent un contraste net avec le calme de Huchuy Qosqo.
Lamay elle-même mérite un arrêt, ne serait-ce que pour se restaurer après la descente : c’est un village agricole tranquille, loin de l’agitation d’Ollantaytambo ou de Pisac, où l’on trouve facilement un déjeuner simple avant de reprendre la route vers Cusco ou vers le reste de la vallée.
Questions fréquentes sur Huchuy Qosqo
Qu’est-ce que Huchuy Qosqo exactement ? C’est un ensemble archéologique inca situé au-dessus de Lamay, dans la Vallée sacrée, construit vers 1420 comme domaine royal sous l’Inca Wiracocha. On y voit une kallanka, des murs d’adobe sur base de pierre, des terrasses agricoles et un canal, dans un cadre bien plus calme que les sites principaux du Boleto Turístico.
Pourquoi Huchuy Qosqo s’appelle-t-il ainsi ? « Huchuy Qosqo » veut dire « Petit Cusco » en quechua, un nom donné au XXe siècle. Son nom inca d’origine, Caquia Xaquixaguana, a pratiquement disparu de l’usage courant et n’apparaît plus que dans les sources historiques.
Qui a construit Huchuy Qosqo et à quelle époque ? Selon le chroniqueur Cieza de León, le site fut établi vers 1420 comme domaine royal de l’Inca Wiracocha, huitième souverain de la dynastie. Des traces d’occupation antérieures, entre 1000 et 1400, ont aussi été relevées sur place.
Combien de temps faut-il pour visiter Huchuy Qosqo ? La visite du site lui-même prend environ une heure à une heure et demie. En revanche, y accéder demande soit une journée de montée depuis Lamay, soit un trek de deux à trois jours si vous partez de Tambomachay.
Faut-il le Boleto Turístico pour entrer à Huchuy Qosqo ? Non, Huchuy Qosqo ne fait pas partie du circuit couvert par le Boleto Turístico de Cusco, contrairement à Pisac ou Ollantaytambo. C’est justement l’une des raisons pour lesquelles le site reste aussi peu fréquenté.
Peut-on visiter Huchuy Qosqo sans faire un trek de plusieurs jours ? Oui, en montant directement depuis Lamay et en redescendant le même jour. C’est une option plus courte que le trek depuis Tambomachay, au prix d’une montée soutenue sur quelques heures de marche.
Quelle est la meilleure période pour visiter Huchuy Qosqo ? La saison sèche, entre mai et septembre, offre les meilleures conditions de marche et les vues les plus dégagées sur la Vallée sacrée. En saison des pluies, le sentier depuis Tambomachay devient plus glissant et moins agréable.









